La famille de Boigne

Au début du XIXème, la dernière marquise de Lucey vend le domaine au comte de Grésy-sur-Aix, qui le revend en 1816, à un marchand de domaines, Félix Cottarel.

L’année suivante, en mars 1817, le Général comte Benoît de Boigne se porte acquéreur du château pour la somme de 800 F et répare Lucey des dégâts de la Révolution. Le général venait peu à Lucey. Il a cependant refait une toiture, a meublé le château (une trentaine de sièges du même modèle), et a entrepris la construction d’une tour postiche dans le même goût que celle que le Roi faisait construire à l’Abbaye d’Hautecombe. Cette tour masque les restes d’un contrefort devenu inutile. On dit aussi qu’il y a donné certaines des réceptions que présidait la comtesse Adèle, quand elle venait toucher sa rente.

Mais c’est son fils, Aly-Baksh, devenu Charles-Alexandre de Boigne, décédé en 1853, qui entreprend les importants travaux qui donnent l’allure générale des bâtiments actuels ; il fait construire l’église du village, dont le bulbe oriental rappelle l’histoire de sa famille. Il épouse Césarine Vialet de Montbel qui devient comtesse de Boigne à 16 ans.

Le troisième comte, Ernest Paul Marie de Boigne, leur fils, est maire de Lucey de 1888 à 1895, date de sa mort. Le comte Ernest y a beaucoup séjourné. On lui doit les constructions « troubadour » à travers lesquelles on accède à la cour centrale. On lui doit aussi des aménagements intérieurs, et des éléments de confort.

Le caveau funéraire familial de Boigne se situe dans une chapelle adjacente à l’église de Lucey. Une urne contenant le cœur du général s’y trouve encore. La famille de Boigne n’est pas éteinte et un de ses descendants nous a rendu visite il y a peu.

Antoine de Galbert

(*) Ces notes sont intégralement extraites de :

  • – Jean Létanche, Les vieux châteaux du canton d’Yenne en Savoie, Chambéry 1907,
  • – Charles Defforey notes dactylographiées
  • – Marie Thérèse Duperchy Le château de Lucey Le Bugey n°95, 2008.